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Épanouissement Personnel

“Journal intime d’un touriste du bonheur”: pourquoi je maudis Jonathan

Il ne se passait pas une semaine sans que ce livre n’apparaisse dans mon champ de vision. “Journal intime d’un touriste du bonheur” de Jonathan Lehmann me faisait de l’œil depuis mon fil Instagram, les rayons de ma librairie et même en très grand sous mon nez dans le métro.

Ancien avocat d’affaire, Jonathan est l’heureux papa depuis 2015 des “Antisèches du bonheur”, un beau bébé dont la page Facebook totalise plus de 180 000 abonnés. On y parle épanouissement personnel, bonheur, instant présent et méditation.

A la mort de son père Jonathan a décidé de se lancer dans un projet ambitieux: écrire un livre qu’on aurait envie de donner aux gens qu’on aime. Mais que pouvait-il apporter de plus sur le sujet du bonheur dans cet ouragan de livres déjà publiés pour en parler?

Un bouquin de plus?

J’étais sceptique. Encore un bouquin qui allait m’expliquer que la clé c’est de vivre dans l’instant présent et de méditer le matin en se levant à l’aube.

C’est forcément ça! Que pourrait-il raconter d’autre? J’avais déjà eu toutes les peines du monde à lire “le pouvoir du moment présent” de Eckart Tolle il y a deux ans. Une vague odeur de déjà vu me chatouillait les narines.

Néanmoins, je finissais par m’approcher de l’ouvrage qui me tendait les bras, alors que je patientais dans une file d’attente à la caisse, pour en lire le résumé. Une retraite méditative silencieuse, trois mois de pérégrinations en Inde, une quête spirituelle sur le chemin de la paix intérieure.

Bon. Mais dans ce petit texte imprimé sur une couverture douce et chaleureuse, certains mots ont attiré mon attention. Follement drôle. Intrépide. Décomplexé. Sexe tantrique. Un récit irrésistible qui renouvelle le genre du développement personnel.

Vraiment? Se pourrait-il que ce livre fasse écho à mon chemin de repentie un peu perchée et dynamitée? Et aussi, pour avoir vécu en Inde pendant presque deux ans moi-même, cela éveillait ma curiosité.

Je suis têtue, alors je ne l’ai pas acheté tout de suite. Faut pas déconner.

Mais je suis faible et trop curieuse, alors il était dans ma boîte aux lettres deux jours plus tard. Pas de commentaire.

Je ne savais pas encore que j’allai maudire Jonathan tout le weekend.

Sorties de prisons

“Journal intime d’un touriste du bonheur” commence comme ceci:

“Je viens de boire mon premier café en dix jours et c’est un truc de malade, j’ai l’impression d’avoir tapé deux grammes de coke.”

Jonathan Lehmann – Journal intime d’un touriste du bonheur

Fraîchement sorti de sa retraite méditative silencieuse, Jonathan redécouvre les plaisirs simples de la vie. Une douche chaude et un café donc. Il en profite pour se présenter brièvement au lecteur: qui il est, d’où il vient et comment il vit depuis cinq ans.

On y apprend que, dans une autre vie, il a été golden boy. Une situation financière très confortable, des soirées arrosées et dorées à l’or fin entre deux substances qui lui permettaient de s’évader, une petite amie charmante, un titre ronflant d’avocat dans un des plus grands cabinets de New-York.

Bref, une vie de merde qui consistait à “faire semblant d’être un mec important en trimant jour et nuit pour des mecs encore plus importants.”

Son père tombe malade et cela déclenche une succession de remises en question. Démission d’abord, puis projet de reprise d’études pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Quand soudain le hasard, comme il sait si bien le faire, lui indique une toute autre direction: celle de l’étude de la tyrannie du mental et de l’expérience du moment présent.

C’est comme ça que les Antisèches du bonheur et la chaîne Youtube de méditations guidées ont fini par voir le jour. Viennent ensuite l’organisation d’un voyage en Inde et le récit de cette aventure dans le livre “Journal intime d’un touriste du bonheur”.

Un voyage initiatique

Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de la lecture, parce que le spoil c’est mal tout le monde le sait. Faisons néanmoins un arrêt sur la première destination du voyage de Jonathan au Rajasthan.

Vipassana

La première étape évoquée dans “Journal intime d’un touriste du bonheur” est une retraite Vipassana. Dix heures de méditation par jour pendant dix jours dans le silence le plus total. Le but de cette expérience est la dissolution de l’ego en étant seul, face à soi-même, sans même la possibilité de se confier par écrit dans un journal.

Cette méthode fondée sur l’enseignement de Bouddha a été créée par un sage birman du nom de Goenka. Les séances de méditation invitent tour à tour à se concentrer sur sa respiration ou sur ses sensations physiques.

La totalité de la retraite est gratuite, hébergement et restauration compris. Elle est financée par des dons, en provenance exclusive des gens qui en ont fait l’expérience, pour permettre à d’autres de pouvoir aussi en profiter.

J’ai trouvé que c’était une super entrée en matière, racontée en toute simplicité. Je n’ai pas encore eu l’occasion de faire cette expérience, mais je pense que j’aurais pu écrire ce passage. C’est drôle, sincère et abordé de la manière la plus authentique qui soit: avec les yeux d’un mec normal, ni plus sage ni moins perturbé que toi et moi, qui ne se prend pas au sérieux.

Qui es-tu Jonathan?

C’est là que j’ai commencé à comprendre un peu mieux qui est Jonathan. Il est toi, moi, quiconque se lève un matin avec le projet fou d’être heureux dans la vie.

Tout au long du livre, on le voit littéralement changer et se transformer sous nos yeux. Un changement profond, retranscrit avec légèreté, humour et bienveillance, non sans une bonne dose d’informations utiles et de réflexion profonde.

Rien n’est laissé au hasard et aucun sujet n’est tabou: la bataille de l’ego, les addictions, les chagrins d’amour, le sexe, la recherche de soi. Quand les pratiques et les théories sont “limites”, il le dit. Quand c’est fascinant et instructif, il explique divinement bien pourquoi.

Son voyage est une source d’inspiration et de connaissances à mettre entre toutes les mains de celles et ceux qui débutent sur le chemin du bonheur et veulent l’explorer avec conviction mais sans prise de tête.

On prend ce qui nous touche et fait écho à notre chemin. On enrichit notre vision du monde de nouvelles perspectives. Si c’est trop pour nous pour le moment, on laisse tout simplement le passage de côté. C’est l’occasion d’ajouter quelques références à aller consulter pour avancer soi-même.

Jonathan, tu as voulu écrire un livre “qu’on aurait envie de donner aux gens qu’on aime”. Bravo. Tu as réussi.

Mais quand même. Je te maudis.

La valse des regrets

Ton livre est génial. Là. Je l’ai dit.

J’ai passé un moment inoubliable et je l’ai dévoré en une soirée et une après-midi. J’ai pleuré de rire à en avoir mal au ventre. Il m’est même arrivé de sentir une petite larme d’émotion pointer dans le coin de mon œil.

Mais là où je te maudis, c’est que moi aussi, j’ai été en Inde. J’y ai même vécu à temps complet pendant presque deux ans.

Sauf que je n’ai rien ramené de tout ça dans mes valises. Je ne suis même pas entrée dans un ashram. Ni visité Goa d’ailleurs. Et c’est frustrant, du coup, de se prendre en pleine tronche à quel point on est passé à côté d’un truc de dingue qui était là, juste sous nos yeux.

J’ai passé presque deux ans à Bombay, à travailler jour et nuit…A faire semblant d’être une nana importante pour des gens encore plus importants.

Boum. La claque.

Moi, impatiente?!

C’est quand même marrant parce que il y a deux jours j’ai réalisé un exercice hyper révélateur: demander aux gens proches de moi ce pourquoi je suis douée, et ce pourquoi il y a encore du boulot.

Sur les trois personnes qui ont répondu à mon sondage, tout le monde m’a sorti exactement le même point faible: l’impatience.

L’impulsivité. All in. Yolo*. Il semblerait donc que je fasse un peu peur aux gens parfois, avec mes idées farfelues et mon côté “on n’a qu’une vie c’est partiii laaaaaaaaa!”

(Yolo, acronyme de You Only Live Once, on ne vit qu’une fois.)

Et puis j’ai repensé à cette valse des regrets qui trotte dans ma tête depuis la lecture du “journal intime d’un touriste du bonheur”. Se pourrait-il que je sois à ce point impatiente, que j’en arrive même à ressentir de l’impatience pour la personne que j’étais en Inde?

Un peu comme si je me regardais depuis ma position actuelle, avec le chemin parcouru et que je me tournais vers mon moi du passé pour lui dire: “ohh! Mais qu’est ce que tu fous? C’est pas ça la vie ma bichette! Tu passes à côté d’un truc essentiel là!”

Et c’est triste, en fait. Parce que outre l’évidence que cela ne sert à rien puisque le passé est révolu, je me remets à cultiver un truc que je pensais avoir surmonté. Vivre dans le passé.

Quand l’élève est prêt, le maître apparaît

Bon. Je ne te maudis pas en fait. Enfin pas complètement. Je te maudis comme un frère de galère qu’on aime quand même de tout son cœur.

Je tenais à raconter cette histoire pour mettre en avant un truc précis. Quand ce n’est pas l’heure, quand on n’est pas prêt, peu importe l’endroit où l’on se trouve, nos yeux sont simplement clos.

On peut croiser les plus grands maîtres sans même se retourner, tout simplement parce que le lien n’est pas encore créé. Avec un peu de recul, je ne regrette pas de ne pas avoir visité d’ashram, ni même d’avoir décliné toutes les invitations à des cours de yoga et de méditation quand j’étais en Inde.

Je n’aurais de toute façon pas été du tout réceptive. Ce n’était pas mon heure, le maître n’est pas apparu.

Une dernière fois en écrivant ces lignes pour parler de ton livre, je me retourne vers cette jeune femme ambitieuse et débordée qui parcourait Bombay en rickshaw et en train par tous les temps.

Mais cette fois, avec bienveillance. Je la laisse courir, parce que je sais où elle va et que je connais la suite de l’histoire. Et c’est pas mal.

Pour rien au monde, je ne changerais une ligne de mon histoire. Parce qu’elle m’a amenée exactement là où je suis censée être, ici et maintenant.

Merci

Alors merci, Jonathan, mon frère de galère maudis, le repenti au grand cœur, l’apprenti sage du bonheur.

Je relirai volontiers ton journal intime. Mais avant, permets moi de me pencher à nouveau sur un autre livre que tu m’a donné envie de redécouvrir à la lumière de celle que je suis aujourd’hui. J’ai la sensation que cette fois-ci, je suis prête pour le pouvoir du moment présent.

Quant à vous qui passez par ici, je vous invite à lire “journal intime d’un touriste du bonheur”. Peut-être que votre temps est venu de faire un pas vers vous-même? Découvrez-le avec humour et bienveillance au fil des pages.

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Ah oui, j’ai aussi craqué sur le teaser vidéo du livre, découvert après la lecture mais tellement bien foutu! A regarder ci-dessous:

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