féminité
Épanouissement Personnel

Féminité en Inde: le documentaire “Les règles de notre liberté”

A l’occasion de la journée mondiale des droits de la femme du 8 mars prochain, je voulais parler de féminité sur le blog. Je trouve que le développement personnel passe aussi par l’intérêt que l’on porte aux autres.

En outre, pratiquer la gratitude pour toutes ces petites choses qui nous semblent évidentes, mais ne le sont pas, m’a été salutaire. C’est pourquoi je vous invite dans cet article à faire un pas vers votre développement personnel. Nous allons aller à la rencontre des femmes en Inde qui doivent encore aujourd’hui se battre pour leur droit à la féminité.

Je vous ai déjà dit que j’avais vécu pendant environ deux ans en Inde? A Mumbai. Je n’y suis pas allé pour une retraite spirituelle ou en vacances, mais pour travailler.

J’ai appris plein de choses au contact des femmes de là-bas. Et en particulier que quand il s’agit de parler de féminité, elles ne sont pas très à l’aise.

Vie ma vie de formatrice

Je travaillais pour une entreprise de salons de beauté et coiffure. Un de mes objectifs était de former les esthéticiennes et les thérapeutes de nos salons aux bases du métier “à la française”.

Il faut savoir que, en France, une esthéticienne ne se contente pas d’apprendre à arracher des poils ou a poser un masque pour obtenir son diplôme. Une grosse partie de la formation est consacrée à la biologie et à la cosmétologie.

La formation de base, le CAP esthétique, peut être obtenu en 1 ou 2 ans. Ensuite on peut compléter par un BTS, un bachelor en management ou d’autres formations spécifiques au métier.

En fait, une esthéticienne qui a fait ses études en France a les mêmes bases de biologie qu’une infirmière à la fin de sa première année d’études.

Cursus indien

En Inde, on obtient le diplôme d’esthéticienne et coiffeuse en 3 mois. Les deux cursus sont mélangés et on se concentre sur la technique. Quand j’ai pris les rênes du département formation de l’entreprise sur place, il m’a paru évident qu’il fallait enseigner la biologie et la cosmétologie.

D’abord pour que les esthéticiennes puissent comprendre comment les produits fonctionnent concrètement sur la peau. Ensuite pour qu’elles puissent l’expliquer à leurs clientes et faire d’elles des expertes dans leur domaine.

J’avais vraiment envie de leur transmettre ces connaissances pour qu’elles puissent avancer dans leur vie professionnelle. Aussi, cela leur permettait de prendre confiance en elles en apprenant des choses qu’elles n’avaient pas eu l’occasion d’apprendre à l’école.

Cette expérience restera gravée en moi toute ma vie. Rien que d’en parler, j’ai les larmes aux yeux. C’est mon petit côté rockeuse au cœur tendre…

Les regards fières, les épaules qui se redressent devant une cliente qui ne pouvait plus les prendre de haut, même si elles étaient d’une caste inférieure, parce que mes protégées en savait désormais plus qu’elles.

Les accolades chaleureuses quand elles doublaient leur salaire grâce aux explications d’expertes de la peau pour vendre des produits.

L’émotion avec laquelle elles serraient leur diplôme de fin de formation contre leur cœur, pressées de rentrer le montrer à la maison.

Merci de m’avoir donné la chance de vivre tout ça.

On ne parle pas de ça

Seulement voilà. Avant d’en arriver là, j’ai été confrontée à un problème de taille.

Non seulement elles n’avaient aucune base de biologie, mais en plus dès qu’il a été question d’aborder les hormones, les changements du corps et leurs répercussions sur la peau, j’ai été prise de court.

On ne parle pas de féminité.

Les règles. La ménopause. La poitrine. Le sexe. C’est tabou. De la base du cou jusqu’aux genoux, on ferme les yeux et on passe son chemin.

Je me suis retrouvée à essayer d’expliquer à ses femmes, pourtant avides d’apprendre, que les règles étaient quelque chose de naturel. Les hormones sont un élément essentiel du bien-être et de l’équilibre féminin.

En retour, on m’a expliqué que c’était sale, une maladie affreuse, une malédiction. Qu’on ne pouvait pas aller au temple quand on a ses règles car on est impure. Certaines avaient même abandonné l’école plus tôt dans leur vie parce que avoir ses règles était ingérable.

Une minute de réflexion

Mes chères repenties.

Je vous invite à ouvrir la porte du placard de votre salle de bain, ou de l’endroit où vous les mettez. Vous savez: votre cup, vos tampons, vos serviettes hygiéniques, vos culottes menstruelles, vos protections lavables.

Regardez-les bien. A partir d’aujourd’hui, tout ce petit matériel de confort féminin, vous le chérirez. Pourquoi? Parce que nous avons de la chance.

En Inde, 90% des femmes ne savent pas ce que c’est. Elles utilisent des chiffons sales ramassés au hasard par terre, ou des vieux vêtements qui ne servent plus. Elles doivent se cacher pour les changer. Les enterrer dans un endroit secret pour ne pas être démasquées.

Ça calme, hein?

“Les règles de notre Liberté”

J’ai découvert le documentaire “Les règles de notre liberté” sur Netflix.

les règles de notre liberté documentaire

Le titre de départ est “Period, end of sentence.”

Period se traduit en effet à la fois par “règles” dans le sens menstruations, et “point” dans le sens point final d’une phrase.

Les règles sont souvent le point final à beaucoup de choses pour les femmes indiennes. Fin de la liberté déjà car elles sont bonnes à marier. Fin de l’école car c’est compliqué. Mais aussi fin de l’insouciance car elles devront désormais se cacher et être inventives pendant une semaine par mois pour le (quasi) reste de leur vie.

Le titre initial rappelle donc que “period”, les règles, ne devrait signifier que la fin d’une phrase, et non pas la fin de toutes ces autres choses.

Je vous invite à découvrir le trailer officiel ci-dessous. Il est en anglais, sous-titré en anglais. En revanche sur Netflix, vous aurez accès aux sous-titres en français lors du visionnage du documentaire en entier.

The Pad Project

Le documentaire a été réalisé pour promouvoir une belle initiative pour la féminité. Il s’agit d’aider à installer des machines dans les villages en Inde pour que les femmes fabriquent des serviettes hygiéniques (“pad” en anglais, d’où le nom “The Pad Project”).

Les protections qu’elles fabriquent sont écologiques et biodégradables. Cela leur permet d’une part d’avoir accès au produit et d’autre part de gagner leur vie.

En effet, les femmes indiennes ne sont pas encouragées à s’émanciper ou à travailler. La majorité d’entre elles vont rester à la maison à élever les enfants et s’occuper des tâches ménagères.

En installant une machine, elles peuvent revendre les serviettes qu’elles fabriquent soit directement aux autres femmes, soit aux drogueries du coin.

L’argent qu’elles gagnent leur sert au quotidien pour vivre, mais aussi parfois pour des projets de vie. Dans le documentaire on voit par exemple une femme qui peut ainsi payer sa formation pour entrer dans la police.

C’est un projet qui vaut vraiment la peine d’être connu. J’ai été bouleversée en regardant le documentaire.

D’abord parce que cela m’a rappelé bien des choses. Ensuite par la force de ces femmes qui se battent pour leurs droits naturels, et même plus. Il s’agit pour elles de lever les tabous autour de la féminité et de continuer à se battre pour plus de liberté.

C’est à vous!

Vous pouvez participer et faire un don à l’organisation “The Pad Project” directement sur leur site en cliquant ici.

Les fonds récoltés servent à construire et installer les machines. Ils ont besoin de 14 000 $ par projet.

Vous pouvez aussi les aider en agrandissant leur communauté sur les réseaux sociaux pour qu’ils aient plus de visibilité. Cliquez sur vos icônes préférées ci-dessous pour vous abonner à leurs différentes pages:

Merci, les Repenties, pour le temps que vous prendrez de faire connaître ce projet autour de vous.

Parce que les Femmes sont toutes belles, fortes et que le Monde ne serait rien sans nous. Aidons-nous les unes les autres à reprendre notre droit à la féminité.

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2 commentaires

  • Yuuki

    Coucou Cristal,
    Ton article est touchant et très émouvant. Ils nous ouvre également les yeux sur le fait que nous, on a une chance inouïe d’être dans un pays où l’on a pas vraiment de tabous contrairement en Inde. C’est affreux d’imaginer, que ces femmes puissent se cacher, enterrer et croire que c’est une malédiction d’avoir ses règles. Surtout que c’est naturel c’est une femme, comme tu le dis si bien…Franchement, ça calme ! J’espère que ce projet se concrétisera et permettra aux femmes en Inde de devenir plus ouverte et mieux dans leur peau. Bonne continuation, bisous.

    • Elodie

      Merci Yuuki 🙂 C’est clair ça fait réfléchir, là on parle de l’Inde, malheureusement des dizaines d’autres pays sont concernés ainsi que des millions de femmes pour des soucis tout aussi aberrants. Ne perdons pas cela de vue, parfois cela peut nous aider à remettre en perspective ce que nous appelons une “mauvaise journée” ou “un problème” 😉 Je me souviens du jour suivant mon retour d’Inde, mes parents avaient crevé un pneu de la voiture, c’était l’événement de la journée et la “grosse galère”, le calvaire du garagiste, l’horreur de devoir déplacer un rendez-vous…Je me suis surprise à sourire, je crois que j’avais compris à quel point en peut se monter le bourrichon sur des bricoles. Depuis j’essaye de conserver cette philosophie de vie, mais on ne va pas se mentir je me suis fait rattraper par mon mode de vie revenu “à la normal”, l’adaptation dans ce sens là va beaucoup plus vite! Parfois, comme au détour de ce documentaire, je me souviens. Et ça fait du bien. Au plaisir de te revoir par ici!

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